ART
David Renaud |
Written 11 octobre |
samedi 07 novembre, 11:00Galerie Anne Barrault, 75003 [map]David Renaud
Pour sa nouvelle exposition, David Renaud, dont le travail questionne la perception de la géographie et de ses représentations multiples (peintures, cartes, reliefs), s’interroge aujourd’hui sur le potentiel des panoramas fictifs. C’est en focalisant sur la science fiction, culture éminemment figurative, qu’il tente de cartographier l’inconnu.
Il y a d’abord le dessin, la représentation à plat des paysages. Négative Day On Mercury, diurne aride et constellé. One Night On Earth, évocation du froid spatial. Les yeux s’élèvent sur une pluie astrale, canalisés par la luminosité stratifiée d’auréoles d’étoiles. L’esprit se perd au-delà de l’image, dans l’introspectif, pour figurer lui-même comme une réalité optique, un tracé, un pli. Un territoire mental.
C’est l’aspect déshumanisé des tours, dont on ne sait si on y vit et dans quelle mesure on y existe, qui précise la singularité de l’humain et de son esprit devenu autonome, dégagé du corps qui le maintient. L’homme imagine, trace, dessine son environnement idéal. Il n’a plus à se représenter lui-même puisqu’il est devenu cet environnement, hors de son enveloppe physique, au-delà de ses limites corporelles.
Influencé par une science fiction post conquête spatiale, qui tend à accorder immensité cosmique et conscience humaine, David Renaud s’interroge sur la valeur de cette utopie. En essayant de cartographier un périmètre infini, au delà de la ligne et après le tracé, c’est la notion même de frontière qu’il questionne.