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Voici le temps |
Written 30 janvier |
lundi 29 décembre, 00:00Musée du quai Branly, 75007 [map]
En lien avec l’exposition Upside Down : les Arctiques et la thématique du Grand Nord abordée par le musée à Noël, l’ethnologue et réalisateur Stéphane Breton propose une rétrospective de films de « non-fiction » issus du nouveau cinéma documentaire russe d’Alexandre Sokourov, Sergey Dvortsevoy, Viktor Kossakovsky, et Sergey Loznitsa.
Dès l’origine, le cinéma russe se reconnaît à deux traits, le lyrisme et la musicalité du mouvement, d’une part, l’élaboration plastique de l’image, d’autre part. Nulle part plus que dans le cinéma de non-fiction ces caractères se trouvent-ils avec tant de force, depuis une quinzaine d’années en particulier.
Le nouveau cinéma « documentaire » russe est l’un des plus inventifs et singuliers qui soit. Sa vitalité lui vient sans doute du dédain qu’il professe à l’égard des formes cinématographiques banales défendues par la télévision. Il invente des postures d’observation nouvelles, inattendues, toujours poétiques.
On pourrait dire que c’est un cinéma qui s’attache à observer la durée des choses et des êtres. Rapidité ou patience des scènes, forme brève ou forme longue (le film le plus court dure 20 mn, le plus long 340 mn), ce cinéma insoucieux des modes joue sur la dilatation du regard. Un cinéma dont le temps est la matière.
14h30 - Tishe! (Viktor Kossakovsky, 2003, 1h20)
Pendant une année, le réalisateur a filmé, selon des règles dictées par le hasard, ce qui se passe sous ses fenêtres à Saint-Pétersbourg, dans une rue périodiquement en réparation pour les célébrations du 300ème anniversaire de la ville. On creuse des trous, on les bouche, on les creuse à nouveau, et on se rapproche du but. Lequel ?
16h30 - Artel (Sergey Loznitsa, 2006, 30 mn)
Des pêcheurs de la Mer Blanche creusent dans la glace des trous où ils jettent leurs filets. Le ciel pèse comme un couvercle. Les silhouettes obscures agissent en silence. Le travail prend des airs de chorégraphie.
17h00 - L’usine (Sergey Loznitsam, 2004, 30 mn)
Une journée dans une usine en Russie. Des hommes et des femmes actionnent des machines et manient des matériaux. Le geste humain et le mouvement machinique se répondent dans une harmonie singulière.