ART
Peter Coffin, Daniel Arsham |
Written 11 octobre |
jeudi 25 mars, 11:00Galerie Emmanuel Perrotin, 75003 [map]Peter Coffin, Daniel Arsham
La Galerie Emmanuel Perrotin présente l’exposition de l’artiste new-yorkais
Peter Coffin, The Colors Are Bright. Le travail de Peter Coffin livre une vision ludique du monde convoquant des significations multiples. Les oeuvres elles-mêmes ressemblent à des plaisanteries ; sculptures et gestes conceptuels loufoques sont la plupart du temps présentés avec le plus grand sérieux – des farces qui ne cherchent pas à se justifier. Elles déclinent des scénarios qui valident l’impossibilité de communiquer, confèrent une substance à l’invisible – et, bien souvent, à l’impossible – et suscitent une exégèse active.
L’approche artistique de Peter Coffin met en jeu différents moyens de production visant à obtenir des résultats et des expériences délibérément hétérogènes. Il orchestre le travail d’experts dans différents domaines, qu’il s’agisse d’historiens, de sociologues, d’astronomes ou d’artistes. L’oeuvre intitulée Untitled (Neon Knots), 2010, est le résultat de la collaboration de Peter Coffin avec un topologue, un ingénieur, puis un modélisateur 3-D et enfin un fabricant de néons.
L’oeuvre de Peter Coffin fait appel à l’histoire de l’art, aux sciences marginales, à la psychologie sociale, à l’épistémologie et explore toutes les interprétations possibles. Son esthétique neutre traduit son intérêt pour des méthodes qui permettent d’enrichir le sens des objets les plus banals et de donner une acception inattendue aux situations quotidiennes. Cette approche s’attache à développer une idée jusque dans ses ultimes conséquences. En 2009, à l’occasion de sa Triennale, la Tate Britain à Londres a commandé à Peter Coffin une oeuvre originale. L’artiste a ainsi réalisé le commissariat d’une salle où figuraient des peintures, photographies et sculptures, issues des collections permanentes du musée, sur lesquelles était projetée une animation vidéo et son. Pour son exposition à la Galerie Emmanuel Perrotin, l’artiste montre des oeuvres appartenant au MNAM-Centre Georges Pompidou, parmi lesquelles la sculpture en fil de fer de Joséphine Baker réalisée en 1928 par Alexander Calder, Le viol de Magritte, 1945, ou encore Composition en rouge, bleu et blanc II, 1937 de
Piet Mondrian.
La Galerie Emmanuel Perrotin présente l’exposition personnelle de
Daniel Arsham intitulée Animal Architecture. L’oeuvre de Daniel Arsham dépasse les frontières entre art, architecture et performance. Il a abordé ces disciplines aux côtés de
Merce Cunningham,
Hedi Slimane,
Bob Wilson, et
Jonah Bokaer. L’exposition explore une multitude de matériaux et de références à l’intérieur d’un cadre complexe, révélant les concepts qui sous-tendent son travail.
L’architecture traverse l’oeuvre de Daniel Arsham dans un jeu permanent : environnements aux murs érodés et aux escaliers ne menant nulle part, paysages où la nature prend le pas sur des structures. Ses dessins de ruines au milieu d’une nature luxuriante et dominante révèlent la fascination de l’artiste pour les peintres classiques comme
Nicolas Poussin et
Hubert Robert. Cependant, les ruines qu’il décrit sont celles de bâtiments
modernistes, inspirés de
Mies van der Rohe et
Le Corbusier.
Sa nouvelle série de dessins à la gouache sur mylar s’inspire et détourne les gravures de
Gustave Doré et
Albrecht Dürer notamment, en combinant des figures de différentes gravures en une seule image pour former une composition finale. «Les gravures me font penser à une certaine période. A travers l’introduction d’images n’appartenant pas à cette période ni à ce lieu, les représentations deviennent éternelles». Il réinterprète ces gravures classiques de manière moderne par l’utilisation du pinceau. Les dessins représentent différents animaux : des kangourous, des hiboux et des ânes, regardant fixement ou interagissant avec le flottement des structures architecturales de formes et de tailles diverses. «Les animaux sont aussi perplexes qu’intrigués par ces objets et semblent être perdus dans la contemplation. Les animaux ont une relation unique avec l’architecture parce qu’elle ne leur est pas destinée. Lorsque nous sommes confrontés au rapport ambigu de l’animal au monde conçu par les hommes, nous sommes plus à même de nous interroger sur notre propre architecture.»