ART
Anthony Caro |
Written 30 janvier |
lundi 06 septembre, 10:00Galerie Daniel Templon, 75003 [map]Anthony Caro
En 2008, la France rendait hommage à l’un des plus grands sculpteurs britanniques,
Sir Anthony Caro, à travers une commande publique exceptionnelle à l’église Saint-Jean-Baptiste de Bourbourg, en Flandre maritime : Le Choeur de Lumière.
La Galerie Daniel Templon présente un ensemble des œuvres les plus récentes de l’artiste, les Upright Sculptures, qui témoigne de l’influence de cette réalisation remarquable sur son travail. Démonstration étonnante de créativité et d’énergie, cette série ouvre une nouvelle perspective dans la pratique de l’artiste de 86 ans.
On retrouve la force du vocabulaire sculptural abstrait qui a fait connaître l’artiste. Mais ces nouvelles œuvres sont « hantées par la figure », comme l’a remarqué la critique d’art américaine Karen Wilkin lors d’une visite d’atelier. Leur verticalité tend volontairement à explorer des associations figuratives, voire narratives : « Maintenant que faire de la sculpture abstraite n’est plus un obstacle, je me sens libre d’explorer une étendue de possibilités » explique l’artiste.
Après avoir plié son travail aux contraintes spatiales de la commande, Anthony Caro se concentre sur la dimension d’objet de la sculpture. Il intègre aux Upright Sculptures des rebuts d’objets – abreuvoir, traverses de chemin de fer, bitte d’amarrage - dont il faut oublier l’utilité première. En acier rouillé, fonte, bois, compressées à l’intérieur de cette structure verticale qui leur donne son nom, les œuvres paraissent sur le point d’imploser. Avec elles, Anthony Caro réfléchit désormais à la création d’une sculpture « sans extérieur », dont c’est la profondeur qui importe.
Né en 1924, anobli par la reine d’Angleterre en 1987, Sir Anthony Caro a renouvelé les normes et les définitions mêmes de la sculpture. L’ancien élève de Henry Moore, depuis sa quête farouche d’abstraction qui le situa à l’apothéose du modernisme dans les années soixante, jusqu’à son évolution vers une ligne plus narrative, n’a cessé de pratiquer le dialogue entre les arts et les expérimentations de matériaux. Après une rétrospective majeure à la Tate Britain en 2005, trois expositions lui ont été consacrées en France en 2008 à Angers, Dunkerque et Gravelines, accompagnant l’inauguration du Chœur de Lumière.