ART
Mark Dion |
Written 30 janvier |
mardi 26 octobre, 11:00In Situ/Fabienne Leclerc, 75006 [map]Mark Dion
L’exposition A World For The Spoiling à la galerie In Situ/Fabienne Leclerc réunit majoritairement de nouvelles installations de
Mark Dion ainsi qu’un large ensemble de dessins.
Réalisé conjointement avec
Dana Sherwood, The Cabinet of Delight and Ruin consiste en un ensemble de “pâtisseries”, disposées sur un présentoir en pyramide et placées dans une vitrine de style art déco. Magnifiées par cet écrin, ces répliques en résine aux formes sophistiquées et aux couleurs attractives sont produites à partir de moules à gelée datant du XIXe siècle. Un regard plus attentif permet de déceler quelques insectes inertes, comme piégés par ces douceurs raffinées et kitsch. Le thème de la Vanité, qui traverse l’histoire de l’art, se voit ainsi réinterprété sans nul recours au crâne, lieu commun de la Vanité contemporaine. Davantage, l’oeuvre aborde la question des goûts et du goût, nous entretient de culture et de classe sociale, de savoir-faire et de tradition, de facticité et de leurre, de beauté illusoire et de fugacité.
The Phantom Museum est un cabinet de curiosités dont l’une des singularités, comparé à ceux réalisés auparavant par Mark Dion, est de ne comporter aucun objet trouvé. En effet, travaillant souvent en collaboration avec divers musées d’archéologie et d’histoire naturelle, l’artiste a souvent emprunté aux institutions une partie des éléments exposés, tandis que d’autres sont chinés sur les marchés aux puces et autres brocantes. Si le cabinet de curiosités constitue chez Dion la métaphore et la représentation microcosmique du Musée et de la collection – et, partant, du processus de muséification lui-même –, il évoque aussi bien nos étagères emplies de souvenirs de toute sorte.
Comme le suggère son titre, The Phantom Museum, renvoie autrement à la mémoire et à l’Histoire : les “choses” représentées ont pour modèle les gravures issues de Die geöffnete Raritäten-und Naturalien- Kammer, un ouvrage datant de 1704, attribué à Paul Jacob Marperger. L’auteur – qui fut l’un des premiers à théoriser l’idée de collection – y explique, illustrations à l’appui, comment doit être constituée une wunderkammer, quels spécimens doivent y figurer, etc. Racines, coquillages, coraux et minéraux y côtoient mammifères, reptiles, monstres naturels et chimères, ainsi que divers artefacts.
N.P