ART
Robert Breer |
Written 30 janvier |
jeudi 25 novembre, 10:00gb agency, 75013 [map]Robert Breer
gb agency présente une nouvelle exposition de Robert Breer. Il y a l'occasion à la fois y découvrir une œuvre sculpturale inédite conçue en 2010 et revisiter d’autres aspects moins connus de son travail.
Cette exposition interroge les relations existantes entre la peinture et les premiers films de l’artiste par un détour historique; époque passionnante de l’après guerre, où certains artistes eurent le courage de rompre avec les codes esthétiques et politiques afin d’affirmer des idées différentes. Le néoplasticisme était un art idéaliste: l'ordre et la stabilité avaient une grande importance après le traumatisme de la Première Guerre mondiale, et l'art avait un rôle fondamental à jouer pour reconstruire la civilisation occidentale. En 1952, Robert Breer est à Paris, il expose à la galerie Denise René; il s’inscrit alors dans la veine de l’art concret (abstraction géométrique), troisième voie possible entre le réalisme social et l’art informel.
Très vite, la direction prise par cet entourage artistique lui semble trop autoritaire. ‘Durant cette période néo-plastique, on faisait des peintures Absolues. Par conséquent je faisais une peinture absolue chaque semaine, et il me semblait qu’il y avait une contradiction à vouloir faire tant d’absolu. Il m’est apparu que ce qui m’intéressait n’était pas tant d’atteindre cet absolu que de cheminer vers lui. Le processus me semblait plus intéressant que le produit final. En 1955 j’ai commencé à introduire dans mes tableaux des éléments qui rompaient avec l’orthodoxie néo-plastique, car les formes sur lesquelles nous travaillions alors étaient imbriquées les unes dans les autres; en laisser une flotter librement relevait d’une sorte d’hérésie. Suggérer un espace élastique dans une peinture, était considéré comme un point faible. L’espace devait être très «concret», très soumis au cadre: les formes devaient se positionner l’une par rapport à l’autre; j’ai introduit une ligne flottante, délibérément.’ A bien y regarder, les formes semblent vouloir sortir du cadre du tableau, les figures se transforment en un mouvement suspendu.
L’artiste fabrique alors des flip books pour analyser ses compositions picturales (‘Untitled’, 1950). Cette méthode, image par image, lui permettra de concevoir le passage de la peinture au film. En 52, il réalise son premier film intitulé ‘Form Phase I’. Nous présenterons les quatre ‘Form Phases’ de 1952 à 1954.
Presque 30 ans plus tard, son film ‘70’ dont les dessins forment une partie de l'exposition aujourd’hui reprend cette simplicité des formes avec beaucoup de poésie. Le grain du dessin, le cadrage des scènes renvoient à son expérience au Japon, lors de l’exposition universelle d’Osaka en 1970.
Robert Breer n’a cessé d’éprouver la surface du sol, l’implication de ses objets flottants sur cette ère active. Pour la première fois, il glisse son champ de recherche subtilement. Sa nouvelle création ‘Clouds’, 2010 révèle la fraîcheur de l’artiste et sa capacité à se réinventer. Des sculptures au plafond se déplacent très lentement, toutes dans le même sens comme des nuages portés par le vent. Cette œuvre produit une nouvelle expérience, le mouvement devient espace et volume tout en accompagnant ou s’opposant à la circulation du spectateur.
| What: | Robert Breer |
| When: | jeudi 25 novembre, 10:00 |
| Where: | gb agency, 20, rue Louise Weiss 75013 [map] |
| Transport: | Chevaleret, Bibliothèque François Mitterrand |
| Cost: | 0EUR |
| Phone: | +33 (0)1 5379 0713 |
| Email: | gbagency@club-internet.fr |
| Web: | www.gbagency.fr |
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