ART
Gakona |
Written 11 octobre |
jeudi 12 février, 12:00Palais do Tokyo, 75016 [map]
Quelques maisons, une station service, un bureau de poste, deux diners... Et une base scientifique énigmatique. Gakona, petit village au centre de l’Alaska, abrite le programme de recherche américain
HAARP (High-frequency Active Auroral Research Program). Inspirés par les travaux de l’inventeur Nikola Tesla, des chercheurs y étudieraient la transmission de l’électricité dans les hautes couches de l’atmosphère. Mais, en raison de son financement militaire et des peurs liées à l’électromagnétisme, HAARP est aussi devenu une source intarissable de rumeurs. Dérèglement climatique, influence sur les comportements humains… On prête à cette forêt d’antennes des pouvoirs dignes de la science-fiction. Constituée de quatre expositions personnelles (Micol Assaël, Ceal Floyer, Laurent Grasso et Roman Signer), la session GAKONA se situe à la croisée du fait et de la rumeur, du réel et du fantasme, de la science et de l’imaginaire. Présentant des œuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.
C’est dans le cadre de GAKONA - session conçue par Marc-Olivier Wahler, à la croisée du fait et de la rumeur, du réel et du fantasme, de la science et de l’imaginaire - que Dominique Blais réalise son
Alexander Chizhevsky, scientifique russe de la première moitié du XXe siècle, est connu pour ses recherches sur l’influence de l’ionisation de l’air sur les êtres vivants et pour sa théorie d’une corrélation entre l’activité solaire et l’activité humaine – notamment les événements historiques tels que guerres ou révolutions.
Avec son installation Chizhevsky Lessons, Micol Assaël rend hommage à ce scientifique en avance sur son temps et qui passa de nombreuses années au goulag. L’ensemble, constitué d’une vingtaine de panneaux de cuivre, d’un transformateur, d’un générateur et d’un système de câblage, transforme les particules d’air en anions, créant ainsi une charge électrostatique dans l’espace. Micol Assaël sort le spectateur de sa passivité et le confronte à l’immatériel. Ici, pas de contemplation mais une exacerbation des sensations, une expérimentation intense de son propre corps, de son rapport à l’espace et à l’autre.
Ceal Floyer
En visitant une exposition de Ceal Floyer, le visiteur peut être frappé par le minimalisme des œuvres. Il s'agit moins de faire référence ici à un courant de l'art du XXe siècle que de constater la simplicité des formes et médiums choisis par l'artiste. Les objets du quotidien, comme une ampoule, un seau ou une perceuse se mêlent à des phénomènes comme l'eau qui frémit ou la flamme qui oscille.
Laurent Grasso Haarp
Le travail de Laurent Grasso a très souvent pour point de départ la recherche en sciences physiques. Après avoir modélisé en images de synthèse un site interdit au public appelé HAARP pour un film réalisé en 2007, pour son projet au Palais de Tokyo, Laurent Grasso a souhaité explorer ce sujet d’une nouvelle manière en reconstituant au sein même du Palais le dispositif HAARP (High-frequency Active Auroral Research Program / Recherches dans le domaine des hautes fréquences appliquées aux aurores boréales).
Roman Signer
Depuis 1973,
Roman Signer conçoit une œuvre combinant sculpture, performance, photographie et documentation filmique. Depuis, il n’a de cesse de révéler les forces de la nature, les forces tranquilles comme la gravitation, employant des objets quotidiens existants. Utilisant des explosifs, des hélicoptères ou des triporteurs, Signer explore la quatrième dimension, le temps. Véritable « sculpture temps » chaque œuvre est un épisode de maîtrise et de libération d’énergie.