ART
Ivan Navarro/Sudarshan Shetty |
Written 30 janvier |
lundi 07 septembre, 11:00Galerie Daniel Templon, 75003 [map]Ivan Navarro/Sudarshan Shetty
Taj Mahal
Pour sa toute première exposition en France, l’artiste indien Sudarshan Shetty, investit la galerie Templon Impasse Beaubourg avec une installation monumentale, une pièce entièrement construite de reproductions miniatures du plus célèbre des palais indiens.
Né en 1961 et originaire de Bombay (Mumbai), Sudarshan Shetty appartient, avec
Subdoh Gupta ou
Atul Dodiya, à cette génération d’artistes indiens contemporains qui s’impose avec force sur la scène artistique internationale. Initialement formé à la peinture, Sudarshan Shetty s’est progressivement tourné vers la sculpture et les installations. Ses étranges constructions, mêlant objets du quotidien, squelettes, fragments de corps et éléments mécaniques, proposent une méditation sur les relations entre vivant et inanimé, spiritualité et consommation. Comme il l’explique, « mon idée est de créer un monument avec les objets quotidiens de la classe moyenne. »
Réflexion sur la notion de mausolée et sur l’absence (le célèbre palais a été construit au 17ème siècle par l’empereur moghol
Shâh Jahân en mémoire de son épouse défunte), cette installation peut être lue comme un commentaire sur la société indienne contemporaine, son mercantilisme et les dérives de sa modernisation fulgurante. « Rien ne dure pour toujours, même pas l’art qui est cher », commente l’artiste. Figure montante de l’art indien, Sudarshan Shetty vit toujours à Mumbai. Son œuvre a été exposée dans le monde entier.
Nowhere Man
Le jeune artiste conceptuel
Iván Navarro revient à la Galerie Daniel Templon avec Nowhere Man, un défilé de figures lumineuses inspirées par les célèbres pictogrammes des jeux olympiques.
D’origine chilienne, Iván Navarro travaille depuis 10 ans à New York. Il s’y est fait connaître grâce à ses spectaculaires sculptures en trompe l’œil. Prenant la lumière comme matériau de base, son travail joue sur les références au modernisme, de
Gerrit Rietveld à
Ellsworth Kelly en passant par
Dan Flavin ou
Tony Smith, et travestit les objets du quotidien (table, chaise, porte) en sculptures électriques. Les références à l’histoire de l’art, toujours présentes en filigrane, deviennent le prétexte à une subtile critique politique et sociale. Au delà de son aspect ludique, le travail d’Iván Navarro reste hanté par les questions de pouvoir, de contrôle et d’emprisonnement physique ou psychologique.
Avec ces « hommes de nulle part » (Nowhere Man), Iván Navarro s’interroge sur la signification idéologique des jeux olympiques et sur notre rapport au corps idéal. Les personnages sont anonymes, ils ne représentent aucune race. Il en est de même pour les anneaux olympiques. Comme l’explique l’artiste, « chaque anneau est censé représenter un continent, et je me suis toujours demandé quelle couleur représentait quel continent. L’Asie est-elle représentée par le rouge ? L’Afrique par le jaune ? » Ces personnages fantomatiques, visibles seulement dans l’obscurité, proposent ainsi une métaphore des liens entre l’humain et la machine, entre humanisme et modernisme.
Né en 1972 à Santiago, Iván Navarro a grandi sous la dictature de Pinochet. Installé depuis 1997 aux Etats-Unis, son travail a déjà été exposé dans le monde entier.