The Parisian
 
© Sam Samore 2009
© Xie Lei 2009


ART

Sam Samore, Xie Lei

Written 30 janvier

lundi 14 septembre, 10:00
Galerie Anne de Villepoix, 75003 [map]
Sam Samore, Xie Lei

C'est à l'université du Wisconcin — où il étudie conjointement la psychologie, l'art et le cinéma— que Sam Samore réalise au début des années 1970 sa première série de photographies en noir et blanc : "The Suicidist". En dépit du titre et du sujet (des mises en scène de suicide), il n'y a aucun caractère macabre. Ce sont des instantanés paisibles où le corps de l'artiste repose alangui, à la manière du Dormeur du Val de Rimbaud. Ce travail d'auto-fiction n'est pas sans évoquer l'œuvre de Cindy Sherman, une artiste qu'il affectionne. Un peu plus tard, il réalise une série inspirée des contes de fées intitulée "The Murdered Brother". Narration, mise en scène, contes, fables, histoires ou récits : ses interrogations et ses travaux d'alors portent déjà sur l 'idée du " moi " comme fiction.

En 1974, il déménage à San Francisco et développe de nombreux projets alternant peintures, installations et œuvres conceptuelles. Il fonde une galerie virtuelle n'existant que sous la forme d'envois postaux. Sous le pseudonyme de Jeanine Boudreau, il crée une œuvre fictive de portraitiste hyperréaliste. Dans ces mêmes années, il commence à réaliser et à publier des livres d'artistes. Cette activité se poursuivra sous la forme de publication d'œuvres de fiction et de contes (Tangled Web of Erotic Savage Cunning, 1994 ; Sumptuous Fire of the Stars, 1996 ; et plus récemment Between the Silence, 2007) et de livres d'images photographiques (près d'une dizaine d'ouvrages). En parallèle, il réalise des films de court ou moyen métrage (On Fame, 1977 ; Funk Lessons with Adrian Piper, 1983). Atmosphère inquiétante ou paradisiaque, réalisme et onirisme, sens et non-sens, linéarité du récit et fulgurance poétique y alternent sans cesse sur fond de questionnement
moral et esthétique.

En 1980, avec la série "Situations", il initie un travail en collaborations avec différentes photographes auxquels il demande de réaliser des images mises en scène ou bien "volées" à l'occasion de filatures d'individus anonymes. Il sélectionne et retravaille lui-même les clichés qu'il transforme en un matériau narratif fragmentaire et elliptique. Au début des années 90, il initie la série Allegories of Beauty (Incomplete). Le visage et le corps sont des contrées paradisiaques qu'il explore du regard ou de la pensée. Fétichiste, fantasmatique, onirique, sublimé : son univers — en particulier lorsqu'il aborde l'idée ou l'image de la mort —, ne se départit jamais de l'éloquence et de la solennité liée aux canons de la beauté classique. Tirages noir & blanc subtilement contrastés ou images pixellisées aux couleurs psychédéliques : ce sont, dixit l'artiste, "de vastes espaces absorbant la projection de nos désirs, de nos craintes". Dans la rue, sur les murs et les fenêtres des musées, il écrit des mots ou des fragments de phrases énigmatiques évoquant le lieu même où s'inscrit le travail ou encore une personne connue ou inconnue. Il crée aussi des parfums dont il diffuse les senteurs à l'occasion de performances baroques.
Récusant une alternative qui disjoindrait forme classique et expression contemporaine, poésie et littérature, cinéma et peinture, Sam Samore accentue le caractère "schizophrène" de chacun des médiums employés afin d'en révéler les multiples ambiguïtés


Entrez dans les tableaux ! Que voyez vous ? Des crânes rassemblés comme des œufs formant un nid ; un rat qui s’est rué dans l’orbite d’un crâne ; un fauve, gueule ouverte, avalant un autre crâne, un sous-bois absurde ? Dans les toiles de Xie Lei, chaque élément, croit-on, est reconnaissable,
identifiable. Mais leur combinaison est impossible, l’ensemble devient inattendu, irréel. Ce que l’on pouvait désigner, nous échappe. Chaque motif n’est, en fait, qu’un jouet, un prétexte. La description perd son sens. L’œil, l’esprit s’évadent vers un monde surnaturel, onirique. Le familier s’est dissout dans une fiction troublante

Diplômé de l’Académie Centrale des Beaux-Arts de Pékin (CAFA), mais ayant étudié ensuite à Paris (Ecole nationale supérieure des beaux-arts) et New York (Hunter College), Xie Lei remet en jeu sa maîtrise de la grande tradition chinoise dans la contemporanéité occidentale. Il a choisi depuis longtemps la peinture, car s’il sait précisément où il veut aller, la peinture lui offre toujours
une aventure. Il a adopté l’huile pour sa finesse et parce qu’elle lui donne aussi une jouissance dans l’acte de peindre. Appartenant à la nouvelle génération, plus ouverte sur le monde, de la scène contemporaine chinoise, Xie Lei nous livre une peinture singulière qui refuse le message et le slogan. Il est concerné par son pays, son histoire, sa culture millénaire, mais n’en fait pas un étendard. Ses sujets sont universels, questionnent le monde, notre époque, loin du seul « pays ». Les tableaux sont longuement pensés, imaginés puis rapidement exécutés. Il est aussi à l’aise
avec le grand que le petit format. Mais le choix du format n’est pas laissé au hasard, il s’impose par le sujet. La lecture de ses toiles n’est jamais immédiate, directe, univoque, dirigée. Il remet des clés à chaque spectateur qui entrera avec son imaginaire et suivra son propre chemin




What: Sam Samore, Xie Lei
When: lundi 14 septembre, 10:00
Where: Galerie Anne de Villepoix, 43 rue de Montmorency 75003 [map]
Transport: Rambuteau, Arts et Metiers, Etienne Marcel
Cost: 0EUR
Phone: +33(0)1 42 78 32 24
Email: info@annedevillepoix.com
Web: www.annedevillepoix.com


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